Décès d'Alain Marion
- 9 sept. 2018
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Boris Vian a écrit « Les morts ont tous la même peau » et « J’irai cracher sur vos tombes ».
J’ai appris depuis, qu’il était possible d’imaginer bien pire… Heureusement qu’Alain a dit qu’ « il avait été émerveillé de découvrir le Christ » il y a un an, quand il a reçu le sacrement du baptême.Guy Boley ne vient-il pas de publier « Quand Dieu boxait en amateur »?
Malgré tout : - il n’y a pas eu de prêtre pour son enterrement. « Il n’a pas pu être présent et a commandité une responsable de cérémonie ». - sa famille n’était pas là en dehors d’une nièce et d’un neveu. - pas d’avantage de représentant de la fédération française de boxe. Cette discipline a pourtant été pour Alain, toute sa vie, qui s’est arrêtée lors de son dernier combat en 1983, alors qu’il n’avait que 29 ans. Il a ensuite passé ses 35 dernières années à attendre, alors que rien ne s’est produit, comme « la plaie profonde du souvenir et de l’espoir d’un retour impossible » selon l’expression de Zoé Valdes dans son livre « Café Nostalgia ».
Heureusement qu’il y avait : - une partie de ses copains qui ont porté son cercueil, et ses indéfectibles amis creillois, simples et discrets, comme monsieur Mickaël et monsieur et madame Yousfi, qui continuent d’avoir des photos d’Alain dans leur porte-feuille, sans oublier bien évidemment Bernard Lefebvre. - qu’il y a eu le discours sous forme d’un poème sur Alain, de monsieur Quesnel. Il a fait se lever toute l’assemblée et a été remercié par des applaudissements nourris et mérités. - madame Vincente Luccisano, qui en chantant a cappella l’Ave Maria, nous a tous fait frissonner.
Leurs initiatives, ainsi que le verre de l’amitié ensuite, dans la salle de boxe « Alain Marion » de Jean-Claude Larbi, à Nogent-sur-Oise, ont permis que la cérémonie soit digne de l’hommage que l’on devait rendre à cet homme qui a été un grand champion, et qui a été mon héros.
Maurizio Bettini rappelle à juste titre dans son livre « Superflu et Indispensable » que « toute forme de mémoire culturelle ne peut que s’affaiblir dès lors que la société qui la possède cesse de la maintenir vivante ». Yvan Mendy qui va disputer un combat très important la semaine prochaine dans le stade mythique de Wembley à Londres, m’a confié qu’il dédierait sa victoire à Alain. On l’encourage tous a avoir le destin qu’il mérite.



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